Cet hiver, découvrez le snowkite!
Publié le 17 janvier 2024
Par Simon Diotte

Partir en ski ou en planche à neige en toute liberté dans les grands espaces, avec comme seul moteur la force du vent, voilà le plaisir de faire du snowkite.
Le snowkite, qu’on désigne aussi comme du ski cerf-volant ou du kitesnow, a le vent dans les voiles depuis quelques années. La raison de cet engouement : l’arrivée d’un équipement plus convivial qui facilite l’apprentissage, explique Arthur de la Mauvinière, propriétaire de l’école Kiteforce, qui a pignon sur rue à Montréal depuis une quinzaine d’années.
« L’équipement de kite d’aujourd’hui pardonne les erreurs de débutants, ce qui n’était pas le cas il y a 15 ou 20 ans. Par exemple, en cas de chute, il suffit désormais de lâcher la barre pour que la voile arrête de nous tirer », dit ce kiteur d’expérience. Autre avantage : les voiles s’adaptent plus facilement aux diverses conditions de vent. « Ça offre plus de possibilités de sorties. Donc, l’apprentissage peut se faire plus rapidement », dit Arthur de la Mauvinière.
Crédit 📷 : Arthur de la Mauvinière
Le snowkite, qui se pratique en ski ou en planche à neige, présente aussi un gros avantage par rapport à son pendant estival : l’absence de la composante eau. Car le plus difficile pour un nouveau pratiquant en été, c’est le décollage dans l’eau où il faut maîtriser l’art de garder l’équilibre tout en conservant le contrôle de sa voile.
En hiver, les apprenti-kiteurs partent sur une surface enneigée, dans un champ ou sur un plan d’eau gelé, décuplant la facilité. « L’hiver est de loin la meilleure saison pour s’initier à ce sport aérotracté », soutient Benjamin Viant, fondateur de l’école Kitesurfquebec, qui donne des cours dans les régions de Québec et Charlevoix. « En plus, le dieu Éole souffle généralement plus régulièrement en hiver. Le froid? Bof, pas un problème. Il s’agit d’un sport. Donc, on s’active. On a donc rarement froid. », assure Benjamin Viant.
Le snowkite se caractérise aussi par son accessibilité, car il existe de nombreux terrains de jeu pour pratiquer au Québec. Toutefois, avant de s’aventurer sur un terrain privé avec tout votre équipement, on s’informe si le propriétaire accepte les adeptes de kite. Consultez la carte des sites de la Fédération québécoise de kite pour trouver un site où la pratique est permise. Il y a sûrement un « spot » près de chez vous.

Le kitesnow n’est pas un sport extrême, mais peut comporter des risques si on ne respecte pas quelques conditions de base. Par exemple, en s’aventurant sur un lac gelé, le pratiquant doit vérifier l’épaisseur de la glace. Une pratique sécuritaire exige une épaisseur minimale de 10 cm de glace noire. Cette mesure se prend avec une vis à glace. D’où l’importance de prendre un cours pour apprendre à manipuler la voile, connaître les systèmes de sécurité et les règles de base. Les cours sont le meilleur endroit pour connaître tous les détails d'une pratique sécuritaire.
Fondée il y a plus de 4 ans pour encadrer et promouvoir la pratique sécuritaire et éthique des sports aérotractés, la Fédération québécoise de kite compte sept écoles membres, dont trois donnent des formations pendant la saison froide. Ces écoles accréditées répondent à une série d’exigences qui garantissent un service de qualité et sécuritaire.
Ça vous tente d’essayer? Voici un résumé des offres hivernales.

Kiteforce
Fondée en 2007, l’école Kiteforce donne des cours dans la région de Montréal depuis 2007. Son fondateur, Arthur de la Mauvinière, est instructeur de kite depuis 2005. Ses terrains de pratique : l’Anse-à-l’Orme, à l’extrême-ouest de Montréal, sur les eaux du lac des Deux-Montagnes, et la surface figée du lac Saint-Louis à Pointe-Claire. Les cours se donnent de la mi-janvier jusqu’au début mars.
Les formations se font par bloc de 3 h, au coût de 100 $/heure. Tout l’équipement de kite est fourni. L’apprenti-kiteur doit arriver avec ses skis, sa planche à neige, ses bottes et son casque. Par la suite, il est possible de pratiquer le kite sous la supervision d’un instructeur, en développant votre autonomie. Les clients doivent avoir un horaire flexible et être disponibles quand le vent souffle.

Kitesurfquebec
Fondée par Benjamin Viant, cette école a obtenu son accréditation de la Fédération québécoise de kite en 2022. Ses principaux terrains de jeux sont les champs de la ferme Bunker sur l’Île d’Orléans et le Boisé du quai à Baie-Saint-Paul, dans Charlevoix. « On jongle entre les spots en fonction des vents et des conditions », dit Benjamin Viant.
Comme tout sport dont la pratique dépend est dépendante de la météo, les kiteurs en herbe doivent faire preuve de flexibilité dans leur horaire pour maximiser les chances de glisser sur la neige. Kitesurfquebec fonctionne par bloc de 2 h, au coût de 269 dollars. « Lors du premier cours, les gens arrivent généralement à se mettre au kite », dit-il. Après avoir acquis les bonnes bases, les gens peuvent pratiquer le kite sous la supervision d’un instructeur.

Progression Kite
Un des pionniers du kite au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Hugo Garon Bouchard a fondé Progression Kite en 2006. Par sa position plus nordique, il offre une plus longue saison de glisse : de la mi-décembre, dès qu’une petite neige recouvre les champs, jusqu’à la fin avril. L’instructeur court les vents entre le lac Saint-Jean et la baie des Ha! Ha!, dans l’arrondissement de La Baie, à Saguenay.
Outre les grands plans d’eau au vent plus constant, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean profite aussi d’une solide communauté de kiteurs réunis sous le club Air-Lib, qui installe des abris chauffés dans les villages de pêche sur glace. « Ce sont de beaux endroits pour se changer et relaxer », dit Hugo Garon Bouchard. Un beau petit bonus. En suivant un cours avec Progression Kite, vous devenez automatiquement membre d’Air-Lib pour une année.
Au Saglac, on fonctionne par cours de 3 h, au coût régulier de 260 dollars. « En général, les gens maîtrisent la base dès le premier cours. Par la suite, ils peuvent s’exercer sous la supervision d’un instructeur », dit Hugo Garon Bouchard.

Si vous aimez votre expérience, ces trois écoles vendent aussi du matériel pour une pratique autonome. Un équipement neuf peut coûter plusieurs milliers de dollars, mais il est possible de commencer avec de l’équipement usagé. Prenez soin de bien choisir de l’équipement sécuritaire qui convient à votre niveau.
Bon vent!